08 février 2013

La figure du jour: l'épitrochasme

Telle une mitraillette littéraire, l'épitrochasme consiste à tirer une rafale de mots courts et piquants, voire choquants, l'un à la suite de l'autre. Les conjonctions et autres mots-liens sont facultatifs: le but est ici de donner un effet sonore très marquant. Par exemple:
"Jean est grand, gras, gros, il rit, bois, hurle, pleure, danse, dors, rêve, vit par peur, pire: par erreur."
Se mélangent ici d'autres figures de style, telles que l'allitération et l'énumération, mais le point à retenir, c'est cette rafale de mots brefs en l'absence de coordination. On pourrait même retirer les virgules, ce que certains poètes modernes ne se privent pas de faire (mais je ne mettrai pas d'exemple car je déteste les vers libres).

Cette effet de mitraillette donne un rythme certain à la phrase. Il est donc logique de retrouver des épitrochasmes en grand nombre dans les textes de rap. Ainsi, MC Solaar déclamait dans Obsolète:
"Je me glisse, m'immisce entre les cuisses lisses de la miss, ses yeux se plissent, et elle dit stoppe ton vice"
Les haïkus, ces petits poèmes japonais, font grand usage de cette figure de style dans un souci de brièveté, comme le célèbre exemple de Mastuo Basho:
"Vieille mare,
Une grenouille saute,
Bruit de l'eau."
Comme on le voit, l'épitrochasme n'est pas forcément brut et rugueux: il peut être un enchaînement de mots plus doux et longs, pour autant que l'effet soit toujours saisissant à l'arivée!

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