"Mon conseil, c’est de regarder la télévision, et surtout les fictions françaises, même si c’est difficile (rires)."
-- Frédéric Krivine
28 avril 2008
26 avril 2008
Pourquoi?
Rendre un personnage crédible, c'est savoir expliquer ses motivations, les raisons de ses actes. Lorsque le spectateur sait "pourquoi", il est prêt à tout avaler, ou presque...
Pourquoi ce personnage?
Lorsque vous créez un personnage, vous pouvez le doter de caractéristiques physique, vestimentaires et psychologiques. C'est vraisemblablement un inspiration subite et évanescente qui vous donnera une image globale du personnage. C'est "l'éclair de génie", indomptable. Cet éclair vous donne un matériau brut, qu'il convient de retravailler.
Les composantes du personnage, outre ses caractéristiques visibles, concernent aussi ses objectifs et ses craintes. En d'autre mots: quel est le moteur de son existence? Qu'est-ce qui le fait avancer? Un personnage sans moteur intérieur est voué à disparaître. Au contraire, un personnage dont les motivations et les objectifs sont clairement définis va vivre par lui-même, il va prendre des décisions sur lesquelles vous n'aurez plus beaucoup de prise. Mais pour fabriquer ce petit moteur si utile, il ne faut pas se précipiter sur les clichés (sinon, c'est un diesel que vous créerez). La première question à se poser, c'est: pourquoi?
Trouvez les bonnes raisons et le reste ira tout seul. Ceci dit, il n'est pas évident de trouver de bonnes raisons. L'âme humaine est complexe, et emprunte souvent mille détours pour atteindre ses objectifs. Rajoutez à cela un couche d'inconscient, de frustration, de honte, de lâcheté, et vous comprendrez vite que le personnage de fiction a besoin d'être simplifié, pour le bien du récit.
Tout le jeu consiste à doser la part de complexité du réel avec la part de simplification. Trop simple, c'est un cliché, trop compliqué, c'est une thèse de psychologie. Ce dosage dépend du style de votre histoire, et du rôle que le personnage y joue. Un personnage principal aura besoin d'une construction en profondeur. Un second rôle peut se contenter de moins - quoique dans de nombreux films les seconds rôles travaillés font tout le charme de l'histoire...
Pourquoi cette scène?
La scène que j'écris en ce moment a-t-elle une raison d'exister? Un bonne raison? Vraiment?
Si vous scène se contente de délivrer une information et rien d'autres, peut-être faut-il reconsidérer son utilité. Peut-être faut-il y ajouter du suspense? Du conflit? Un gag? Et bien souvent, il faut la supprimer purement et simplement!
Pourquoi ce film?
La question la plus radicale... On peut même aller plus loin: pourquoi "des" films? A quoi bon, en ces temps maussades de récession économique, de chômage structurel et de guerre en Irak? Trouvez la réponse à cette question. Elle est personnelle. La mienne est: parce que je préfère encore voir un bon film que le foot à la télé. Donc j'ai envie de faire des films amusants, de l'"entertainment". Des films "cool". D'autres auront une réponse beaucoup plus profonde, beaucoup plus sérieuse: il tiennent le cinéma en haute estime (moi aussi, mais d'une autre manière). Et il feront des films pour changer le monde (quelle noble raison!). Pour conscientiser le peuple. Pour répandre l'amour. Pour répandre la haine. Pour bluffer ses contemporains (très mauvaise réponse, je trouve, mais qui colle à un nombre incroyable de films).
Votre idée de film, c'est pour quoi faire? Après l'avoir écrit, votre film correspond-il encore à cet objectif? Tient-il ses promesses? Si ce n'est pas le cas, pourquoi ce film? Voilà une question qui n'est pas assez posée.
Pourquoi ce blog?
Pendant que vous le lisez, vous n'écrivez pas. Ca me fait moins de concurrence ;-)
Maintenant, écrivez!
Pourquoi ce personnage?
Lorsque vous créez un personnage, vous pouvez le doter de caractéristiques physique, vestimentaires et psychologiques. C'est vraisemblablement un inspiration subite et évanescente qui vous donnera une image globale du personnage. C'est "l'éclair de génie", indomptable. Cet éclair vous donne un matériau brut, qu'il convient de retravailler.
Les composantes du personnage, outre ses caractéristiques visibles, concernent aussi ses objectifs et ses craintes. En d'autre mots: quel est le moteur de son existence? Qu'est-ce qui le fait avancer? Un personnage sans moteur intérieur est voué à disparaître. Au contraire, un personnage dont les motivations et les objectifs sont clairement définis va vivre par lui-même, il va prendre des décisions sur lesquelles vous n'aurez plus beaucoup de prise. Mais pour fabriquer ce petit moteur si utile, il ne faut pas se précipiter sur les clichés (sinon, c'est un diesel que vous créerez). La première question à se poser, c'est: pourquoi?
Trouvez les bonnes raisons et le reste ira tout seul. Ceci dit, il n'est pas évident de trouver de bonnes raisons. L'âme humaine est complexe, et emprunte souvent mille détours pour atteindre ses objectifs. Rajoutez à cela un couche d'inconscient, de frustration, de honte, de lâcheté, et vous comprendrez vite que le personnage de fiction a besoin d'être simplifié, pour le bien du récit.
Tout le jeu consiste à doser la part de complexité du réel avec la part de simplification. Trop simple, c'est un cliché, trop compliqué, c'est une thèse de psychologie. Ce dosage dépend du style de votre histoire, et du rôle que le personnage y joue. Un personnage principal aura besoin d'une construction en profondeur. Un second rôle peut se contenter de moins - quoique dans de nombreux films les seconds rôles travaillés font tout le charme de l'histoire...
Pourquoi cette scène?
La scène que j'écris en ce moment a-t-elle une raison d'exister? Un bonne raison? Vraiment?
Si vous scène se contente de délivrer une information et rien d'autres, peut-être faut-il reconsidérer son utilité. Peut-être faut-il y ajouter du suspense? Du conflit? Un gag? Et bien souvent, il faut la supprimer purement et simplement!
Pourquoi ce film?
La question la plus radicale... On peut même aller plus loin: pourquoi "des" films? A quoi bon, en ces temps maussades de récession économique, de chômage structurel et de guerre en Irak? Trouvez la réponse à cette question. Elle est personnelle. La mienne est: parce que je préfère encore voir un bon film que le foot à la télé. Donc j'ai envie de faire des films amusants, de l'"entertainment". Des films "cool". D'autres auront une réponse beaucoup plus profonde, beaucoup plus sérieuse: il tiennent le cinéma en haute estime (moi aussi, mais d'une autre manière). Et il feront des films pour changer le monde (quelle noble raison!). Pour conscientiser le peuple. Pour répandre l'amour. Pour répandre la haine. Pour bluffer ses contemporains (très mauvaise réponse, je trouve, mais qui colle à un nombre incroyable de films).
Votre idée de film, c'est pour quoi faire? Après l'avoir écrit, votre film correspond-il encore à cet objectif? Tient-il ses promesses? Si ce n'est pas le cas, pourquoi ce film? Voilà une question qui n'est pas assez posée.
Pourquoi ce blog?
Pendant que vous le lisez, vous n'écrivez pas. Ca me fait moins de concurrence ;-)
Maintenant, écrivez!
24 avril 2008
Le bon dieu est dans les détails
J'ai l'art de manier le paradoxe, non?
Le mois passé, je vous jurais mes grands dieux que le diable se terrait dans les détails - qu'il masquait l'important derrière quelque paravent futile - mais cette foi-ci, c'est l'inverse: les détails, il faut y faire attention aussi.
On en revient au thème de la micro-/macro-scopie du récit que j'ai développé plus tôt. L'art du scénariste c'est de diviser son cerveaux en deux parties qui s'occupent de choses différentes: l'une veille au bon déroulement de l'histoire, au respect des thèmes, au côté conceptuel, tandis que l'autre veille aux détails.
Quels sont les détails importants dans un scénario?
1) L'orthographe.
Chaque fois que je relis un article sur ce blog, je trouve quelques fautes d'orthographe - que l'honnêteté m'interdit d'appeler "fautes de frappe". Un écrivain qui fait des fautes à chaque paragraphe? Ce n'est pas sérieux! Un scénariste non plus! Veillez donc à garder un style haut de gamme tout au long de votre texte, même s'il est écrit vite, dans le métro, à 7h du matin. C'est ça le professionnalisme.
Le professionnalisme c'est aussi de revérifier le texte 2 ou 3 fois après l'avoir écrit. Une fois à l'aide d'un correcteur logiciel (je vous conseille Antidote), une fois à l'oeil nu (je vous conseille d'imprimer votre texte sur du papier, ça aide!).
2) Les dialogues.
Dans la précipitation, on a vite fait d'écrire des dialogues bateau, ne correspondant pas à la psychologie du personnage, ou trop plat. Et souvent trop long. Le secret pour ré-écrire des bons dialogues, c'est de laisser reposer le texte 1 mois et de ne plus y penser. Lorsqu'on y revient, l'esprit frais, les choses un peu artificielles ressortent comme le nez au milieu du visage (quel cliché, cette phrase!). Ca marche plutôt bien.
3) Les clichés.
Oui, il faut les combattre. J'ai déjà écris sur le sujet, il existe des techniques pour les éviter ou les détourner. Un cliché bien détourné est un régal pour les critiques de cinéma.
4) Les situations.
Bien souvent, des scènes sont un peu plates parce qu'elles se contente de servir l'histoire sans sel, de manière brute. Le scénariste s'est contenté de suivre un séquencier sans y ajouter de piments. "Scène 7: Georges rencontre la femme de sa vie dans un bar." Ce peut donner une scène d'une banalité atroce, suffisante pour faire avancer l'histoire correctement, mais très largement insuffisante pour faire un bon film. Il faut faire de cette rencontre quelque chose de plus intéressant. C'est là que le talent entre en jeu. Que va-t-il se passer dans ce bar? Vaut-ce la peine d'être raconté?
Il arrive souvent que l'on ait besoin de scènes très courtes, et un peu plates, pour donner une info essentielle pour plus tard, rapidement, sans chichi. C'est une erreur. Même ces scènes courtes, il y a moyen de les rendre plus excitantes. Trouvez un personnage secondaire amusant, une anecdote, un gag, quelque chose qui élève le niveau. Le spectateur vous remerciera.
5) La "coolitude".
Pareil que le point précédent, est-ce que ce que vous écrivez est "cool" (à prononcer avec l'accent de surfeur californien très cool) ? Cool peut être amusant, impressionnant, rusé, émouvant, tout sauf banal et plat. Exemple de moments cool: "je suis le roi du monde" dans Titanic, "c'est une offre qu'on ne peut pas refuser" dans le Parrain, le séquence de la tronçonneuse dans Scarface, la séquence d'intro d'Amélie Poulain, la scène de fin de Magnolia, les montages "shoot de coke" dans Requiem for a dream, etc. Les américains appellent ça des moments trailers. Des scènes que l'on peut mettre dans la bande-annonce. Ecrivez-en!
Alors, ici, je vais ajouter une nuance: on est en Europe, avec une forte tradition pour les films moins exubérants, sans moments trailers. Et ces films ont leurs amateurs. A raison, parfois. Il y a de très bons films où la plaisir ne vient pas de scènes particulières, mais d'une ambiance générale, d'une construction à long terme. Je pense à Blow-Up, à Garde à vue, à ce genre de vieux films issus de la tradition européenne du cinéma. Etant donné que je n'ai plus vu un bon film de ce genre depuis au moins 10 ans (si vous avez des contre-exemples, je suis preneur), je vais partir du principe que vous voulez écrire de bons films - un des derniers, je trouve, c'est Le bonheur est dans le pré. Il ne se passe pas grand chose, et pourtant, quel bonheur. Donc mon conseil est d'écrire quelque chose avec plus de relief.
Le cinéma indépendant américain recèle aussi de bijoux de films à ambiance, et même des films récents. Mais leurs bandes-annonces sont truffés de scènes amusantes: coïncidence, ou vrai talent? Je ne vous le cache pas: je suis fan du cinéma américains. Ils sont bons!
6) La vraisemblance.
Vous écrivez un film - 24 mensonges par seconde. Comment faire passer la pilule? En se rapprochant le plus possible de la réalité. Veillez donc à respecter le plus possible la vraisemblance. Faites des recherches. Soyez attentifs. Ce genre de détails ne saute pas aux yeux, mais fait la différence. Un exemple frappant: j'écrivais un scénario d'action, et dans une scène les héros mangent au resto. Ils commandent un plat quelconque. N'ayant aucune connaissance en cuisine, j'ai écrit n'importe quoi. Un lecteur gastronome m'a fait remarquer que mon plat n'existait pas et que les ingrédients ne se mélangeraient pas du tout. C'était un détail stupide et pourtant ça l'a fait décrocher de l'histoire! C'est quelque chose que l'on apprend aux journalistes: statistiquement, votre texte sera toujours lu par un éminent spécialiste en la matière... Faites donc en sorte qu'il ne tombe pas de sa chaise en vous lisant!
Voilà quelques exemples de détails à examiner de près. Il y en a d'autres, comme le style de vos didascalies, le tempo, etc. J'en parlerai dans d'autres articles.
Notez cependant que ces détails peuvent devenir diaboliques si vous vous en préoccupez avant de vous concentrer sur l'essentiel: un bon concept, une bonne histoire, une bonne structure, de bons personnages. Ensuite seulement, le bon dieu vous accordera sa miséricorde.
Maintenant, écrivez!
Le mois passé, je vous jurais mes grands dieux que le diable se terrait dans les détails - qu'il masquait l'important derrière quelque paravent futile - mais cette foi-ci, c'est l'inverse: les détails, il faut y faire attention aussi.
On en revient au thème de la micro-/macro-scopie du récit que j'ai développé plus tôt. L'art du scénariste c'est de diviser son cerveaux en deux parties qui s'occupent de choses différentes: l'une veille au bon déroulement de l'histoire, au respect des thèmes, au côté conceptuel, tandis que l'autre veille aux détails.
Quels sont les détails importants dans un scénario?
1) L'orthographe.
Chaque fois que je relis un article sur ce blog, je trouve quelques fautes d'orthographe - que l'honnêteté m'interdit d'appeler "fautes de frappe". Un écrivain qui fait des fautes à chaque paragraphe? Ce n'est pas sérieux! Un scénariste non plus! Veillez donc à garder un style haut de gamme tout au long de votre texte, même s'il est écrit vite, dans le métro, à 7h du matin. C'est ça le professionnalisme.
Le professionnalisme c'est aussi de revérifier le texte 2 ou 3 fois après l'avoir écrit. Une fois à l'aide d'un correcteur logiciel (je vous conseille Antidote), une fois à l'oeil nu (je vous conseille d'imprimer votre texte sur du papier, ça aide!).
2) Les dialogues.
Dans la précipitation, on a vite fait d'écrire des dialogues bateau, ne correspondant pas à la psychologie du personnage, ou trop plat. Et souvent trop long. Le secret pour ré-écrire des bons dialogues, c'est de laisser reposer le texte 1 mois et de ne plus y penser. Lorsqu'on y revient, l'esprit frais, les choses un peu artificielles ressortent comme le nez au milieu du visage (quel cliché, cette phrase!). Ca marche plutôt bien.
3) Les clichés.
Oui, il faut les combattre. J'ai déjà écris sur le sujet, il existe des techniques pour les éviter ou les détourner. Un cliché bien détourné est un régal pour les critiques de cinéma.
4) Les situations.
Bien souvent, des scènes sont un peu plates parce qu'elles se contente de servir l'histoire sans sel, de manière brute. Le scénariste s'est contenté de suivre un séquencier sans y ajouter de piments. "Scène 7: Georges rencontre la femme de sa vie dans un bar." Ce peut donner une scène d'une banalité atroce, suffisante pour faire avancer l'histoire correctement, mais très largement insuffisante pour faire un bon film. Il faut faire de cette rencontre quelque chose de plus intéressant. C'est là que le talent entre en jeu. Que va-t-il se passer dans ce bar? Vaut-ce la peine d'être raconté?
Il arrive souvent que l'on ait besoin de scènes très courtes, et un peu plates, pour donner une info essentielle pour plus tard, rapidement, sans chichi. C'est une erreur. Même ces scènes courtes, il y a moyen de les rendre plus excitantes. Trouvez un personnage secondaire amusant, une anecdote, un gag, quelque chose qui élève le niveau. Le spectateur vous remerciera.
5) La "coolitude".
Pareil que le point précédent, est-ce que ce que vous écrivez est "cool" (à prononcer avec l'accent de surfeur californien très cool) ? Cool peut être amusant, impressionnant, rusé, émouvant, tout sauf banal et plat. Exemple de moments cool: "je suis le roi du monde" dans Titanic, "c'est une offre qu'on ne peut pas refuser" dans le Parrain, le séquence de la tronçonneuse dans Scarface, la séquence d'intro d'Amélie Poulain, la scène de fin de Magnolia, les montages "shoot de coke" dans Requiem for a dream, etc. Les américains appellent ça des moments trailers. Des scènes que l'on peut mettre dans la bande-annonce. Ecrivez-en!
Alors, ici, je vais ajouter une nuance: on est en Europe, avec une forte tradition pour les films moins exubérants, sans moments trailers. Et ces films ont leurs amateurs. A raison, parfois. Il y a de très bons films où la plaisir ne vient pas de scènes particulières, mais d'une ambiance générale, d'une construction à long terme. Je pense à Blow-Up, à Garde à vue, à ce genre de vieux films issus de la tradition européenne du cinéma. Etant donné que je n'ai plus vu un bon film de ce genre depuis au moins 10 ans (si vous avez des contre-exemples, je suis preneur), je vais partir du principe que vous voulez écrire de bons films - un des derniers, je trouve, c'est Le bonheur est dans le pré. Il ne se passe pas grand chose, et pourtant, quel bonheur. Donc mon conseil est d'écrire quelque chose avec plus de relief.
Le cinéma indépendant américain recèle aussi de bijoux de films à ambiance, et même des films récents. Mais leurs bandes-annonces sont truffés de scènes amusantes: coïncidence, ou vrai talent? Je ne vous le cache pas: je suis fan du cinéma américains. Ils sont bons!
6) La vraisemblance.
Vous écrivez un film - 24 mensonges par seconde. Comment faire passer la pilule? En se rapprochant le plus possible de la réalité. Veillez donc à respecter le plus possible la vraisemblance. Faites des recherches. Soyez attentifs. Ce genre de détails ne saute pas aux yeux, mais fait la différence. Un exemple frappant: j'écrivais un scénario d'action, et dans une scène les héros mangent au resto. Ils commandent un plat quelconque. N'ayant aucune connaissance en cuisine, j'ai écrit n'importe quoi. Un lecteur gastronome m'a fait remarquer que mon plat n'existait pas et que les ingrédients ne se mélangeraient pas du tout. C'était un détail stupide et pourtant ça l'a fait décrocher de l'histoire! C'est quelque chose que l'on apprend aux journalistes: statistiquement, votre texte sera toujours lu par un éminent spécialiste en la matière... Faites donc en sorte qu'il ne tombe pas de sa chaise en vous lisant!
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Voilà quelques exemples de détails à examiner de près. Il y en a d'autres, comme le style de vos didascalies, le tempo, etc. J'en parlerai dans d'autres articles.
Notez cependant que ces détails peuvent devenir diaboliques si vous vous en préoccupez avant de vous concentrer sur l'essentiel: un bon concept, une bonne histoire, une bonne structure, de bons personnages. Ensuite seulement, le bon dieu vous accordera sa miséricorde.
Maintenant, écrivez!
31 mars 2008
Deadline pour le CEEA

Ce n'est pas la première fois que j'écris pour une deadline. Mais c'est la première fois que j'ai été pris de cours. Sujet donné le 3 mars. Colis envoyé le 26. Ca fait 23 jours pour torcher 10 pages sur base d'un sujet moyennement bandant.
Enfin, je ne vais pas me plaindre du sujet de départ: il laissait la porte grande ouverte à beaucoup de conflit. Mais c'est le décor - un club de vacances - qui, pris au premier degré (je n'ai pas eu envie de détourner la consigne), était assez limitatif, et, pire, propice aux clichés. Alors, oui, mon histoire se déroule au Club Med, et oui, il y est question de tromperie. Malgré tout, j'espère ne pas avoir trop donné dans le déjà-vu.
Il m'a fallu environ 10 jours pour trouver l'idée de base de mon synopsis. J'ai envisagé pas mal de pistes différentes. Le point de départ, c'est que je voulais faire une comédie. Ma première idée était: "un candidat récalcitrant de Qui veut gagner des millions finit, après avoir donné beaucoup de mal à Jean-Pierre Foucault, par gagner le jackpot et part en vacances. Foucault, lui aussi, part en vacances... pour du repos bien mérité. Sauf que voilà, il se retrouve sur la même île privée que le candidat. Et c'est parti pour les gaffes et les quiproquos, qui vont faire des vacances de l'animateur un enfer."
J'ai développé cette idée pendant quelques jours, avant de me rendre compte que le candidat n'avait aucune raison d'ennuyer Foucault sans en devenir antipathique, et Foucault, aucune raison de rester sur l'île. Grosso modo, je n'ai pas su trouver un élément pour les réunir. Pas d'élément assez convaincant, en tout cas. C'est là qu'on voit le talent de Veber, qui réunit Pignon et Brochant pendant toute la durée du Dîner de Cons, alors qu'ils ne sont pas fait pour s'entendre.
Je n'ai pas cherché plus loin, et je suis passé sur une deuxième idée, un peu moins légère: un père en vacances y retrouve son fils qu'il n'avait plus vu depuis 15 ans. Ils vont apprendre à se parler, et finir par se réconcilier. C'est cette idée là que j'ai développé jusqu'au bout, sous forme d'une comédie douce-amer. (La tromperie, c'est l'intrigue secondaire)
J'ai commencé à écrire le synopsis pour cette version-là le 11 mars. La première page n'a posé aucun problème, et puis il m'a fallu réfléchir plus loin: comment tenir la distance? Jusqu'au 19 mars, je n'ai plus rien écrit! Et ensuite, du 19 au 25, j'ai écris à la vitesse de l'éclair. Mine de rien, c'est long 10 pages de synopsis. Surtout que le style du synopsis se rapproche du roman, c'est dense.
J'écris principalement la nuit, entre minuit et 4 heures du matin. C'est un moment de grâce, silencieux, où il ne reste plus grand monde sur MSN, où le téléphone ne sonne pas. En 6 jours, j'ai terminé le truc. Par contre, le dernier soir, je n'ai pas pris le temps de relire. Le lendemain matin, à 7 heures, avant de partir à un entretien d'embauche important (j'étais complètement vanné, oui), je relis le truc, et je trouve d'horribles fautes d'orthographe. Mince. Et je me rend compte qu'il n'y a pas de fin. Mon intrigue secondaire est laissée en plan.
Entre 7h30 et 8h00, sorti de la douche, je tape encore une demi-page pour mieux conclure l'histoire. 8h00, pas le temps de relire, mon bus n'attend pas. J'imprime le tout sans voir les énormités, et je file.
13h00, l'entretien d'embauche est fini (je ne suis pas pris...). Sur le chemin vers le magasin de photocopies, je trouve encore des fautes d'orthographe. Misère. Je les corrige au stylo-bille, le plus proprement possible, mais je me dis que je suis un beau branleur. Avec un jour de plus, ou une voiture, j'aurai pu passer chez moi et retaper tout ça sur l'ordi. Là, je suis dans le métro, avec mon synopsis bancal à moitié sur le genoux, et je corrige des fautes énormes.
15h00. Le bureau de poste où je comptais aller est fermé. Définitivement. Restructuration. Super.
16h00. A pied, j'arrive enfin au bureau de Poste le plus proche (proche étant relatif). Je suis complètement crevé, et j'ai juste envie de dormir. Je fais la file, j'envoie le tout (11€ de timbres!), et je rentre chez moi en me disant que je suis un amateur fini.
17h00. A la télé, on passe le Destin de Bruno. Grosso modo, ça parle d'un père qui retrouve son fils, à qui il n'a plus parlé depuis 20 ans.
Là, je m'écroule.
20 mars 2008
Le diable est dans les détails
Le style d'un scénario n'est pas propice aux détails. Or, paradoxalement, le rôle d'un scénario est bien de "détailler" les scènes, les personnages, et les décors, n'est-ce pas? C'est justement pour décrire les choses avec précision, mais sans entrer dans les détails, que le talent du scénariste est mis à contribution.
On sait que l'écriture d'un scénario doit être brève, précise, concise. Guère plus que quatre lignes par paragraphe, que ce soit dans les descriptions ou dans les dialogues. Même un roman de Dan Brown - pourtant champion des phrases courtes et des descriptions succinctes - est trop littéraire pour un scénario.
L'erreur du scénariste débutant part d'une bonne intention: raconter une histoire en images. Dés lors, il va s'efforcer de décrire les images qu'il voit dans sa tête. Le problème, c'est qu'à la lecture, chacun se crée son propre "univers" visuel. Et que même trois pages de descriptions ne pourront pas suffire pour faire coïncider cet univers avec celui de l'auteur. Il est donc inutile de décrire longuement des images très précises.
Ceci dit, il est bon d'écrire "en images". C'est là toute la subtilité. On vise l'efficacité plutôt que l'authenticité. Qu'est-ce que cela signifie? Prenons un exemple concret.
Dans un scénario de science-fiction, on doit décrire un poste de commandement d'un vaisseau spatial très complexe, bourré de gadgets électroniques et d'écrans de toutes sortes. En tant que scénariste, on s'est renseigné, on a fait des recherche dans les archives de la NASA pour reproduire le plus fidèlement possible les commandes. Comme on veut faire un film réaliste, on a très envie de faire passer toutes ces informations dans notre description.
Et bien, non. Il faut s'abstenir. Si l'on prend une demi-page pour décrire le poste de commandement, on n'écrit plus un scénario, on fait un mode d'emploi de soucoupe volante. On va donc se limiter à décrire - en quelques mots, tant pis pour les détails - les éléments de décors qui vont SERVIR aux personnages. Les accessoires, en quelque sorte. Si ça ne sert pas, c'est de la décoration, et tant pis si dans la réalité cet élément de décor est en fait un refroidisseur à carbone thermo-tempéré à combustion double indispensable au bon fonctionnement du vaisseau. Si un personnage ne s'en sert pas, on zappe.
Ce qu'il faut faire, c'est décrire l'ensemble en une phrase, et ensuite éventuellement détailler les éléments indispensable. Exemple:
INT. POSTE DE COMMANDEMENT - NUIT
La cabine de pilotage est bourrée d'écrans de contrôle et de gadgets informatiques qui clignotent et font des bips. Des cadrans indiquent les niveaux de carburant et d'oxygène. Au milieu, un siège baquet fait face à un guidon.
Et c'est tout. Il n'en faudra pas plus pour tenir tout le film. J'avais pourtant bien envie de décrire le guidon en carbone renforcé plus en détails, parce que c'est un nouveau modèle vraiment prometteur, et c'est un peu de l'anticipation sur les technologies du futur, ça renforce le réalisme. Et bien tant pis. Le réalisme devra être dans le comportement des personnages, dans leurs paroles, pas dans les descriptions.
L'autre erreur, c'est d'utiliser les mots "un genre de" (ou "une sorte de") pour décrire quelque chose d'inhabituel. "C'est un genre de vélo un peu bizarre". "C'est une sorte d'ordinateur mais avec une antenne géante"... Vous voyez le principe. C'est de l'écriture fainéante. Ca ne décrit rien. Soyez plus précis. Il ne faut pas tourner autour du pot.
La dernière erreur, c'est de vouloir transmettre sur papier une "ambiance" que seul un style de réalisation peut restituer. Je pense à un film comme "Lost in translation". Il ne vaut que par son style éthéré, un peu distant, très bizarre. "Une sorte de" solitude. "Un genre de" mélancolie. Passer son temps à vouloir décrire ce type d'ambiance avec des mots, c'est une entreprise vouée à l'échec, à moins d'écrire de la poésie. Il ne faut pas prendre la place du réalisateur. Les scénaristes racontent l'histoire, point barre. Ca me rappelle une séance d'écriture en groupe, où les autres voulaient absolument faire passer le fait qu'un orage était "surréaliste, mystérieux". Ca ne m'évoquait rien. Ils m'ont alors décrit la façon de le filmer. C'était beaucoup plus clair dans ma tête, mais impossible à "caser" dans un scénario. La solution à été de dire: un orage étrangement violent. C'est un assez mauvais compromis. Il aurait été mieux de ne rien écrire du tout.
A moins d'être sûr de provoquer dans la tête du lecteur une image bien précise ("c'est Tien-An-Men mais avec des éléphants", tout le monde voit la scène), il est inutile de vouloir décrire des choses, des ambiances, que chacun ressentira différemment. Concentrez-vous plutôt sur l'intrigue, car le diable est dans les détails.
On sait que l'écriture d'un scénario doit être brève, précise, concise. Guère plus que quatre lignes par paragraphe, que ce soit dans les descriptions ou dans les dialogues. Même un roman de Dan Brown - pourtant champion des phrases courtes et des descriptions succinctes - est trop littéraire pour un scénario.
L'erreur du scénariste débutant part d'une bonne intention: raconter une histoire en images. Dés lors, il va s'efforcer de décrire les images qu'il voit dans sa tête. Le problème, c'est qu'à la lecture, chacun se crée son propre "univers" visuel. Et que même trois pages de descriptions ne pourront pas suffire pour faire coïncider cet univers avec celui de l'auteur. Il est donc inutile de décrire longuement des images très précises.
Ceci dit, il est bon d'écrire "en images". C'est là toute la subtilité. On vise l'efficacité plutôt que l'authenticité. Qu'est-ce que cela signifie? Prenons un exemple concret.
Dans un scénario de science-fiction, on doit décrire un poste de commandement d'un vaisseau spatial très complexe, bourré de gadgets électroniques et d'écrans de toutes sortes. En tant que scénariste, on s'est renseigné, on a fait des recherche dans les archives de la NASA pour reproduire le plus fidèlement possible les commandes. Comme on veut faire un film réaliste, on a très envie de faire passer toutes ces informations dans notre description.
Et bien, non. Il faut s'abstenir. Si l'on prend une demi-page pour décrire le poste de commandement, on n'écrit plus un scénario, on fait un mode d'emploi de soucoupe volante. On va donc se limiter à décrire - en quelques mots, tant pis pour les détails - les éléments de décors qui vont SERVIR aux personnages. Les accessoires, en quelque sorte. Si ça ne sert pas, c'est de la décoration, et tant pis si dans la réalité cet élément de décor est en fait un refroidisseur à carbone thermo-tempéré à combustion double indispensable au bon fonctionnement du vaisseau. Si un personnage ne s'en sert pas, on zappe.
Ce qu'il faut faire, c'est décrire l'ensemble en une phrase, et ensuite éventuellement détailler les éléments indispensable. Exemple:
INT. POSTE DE COMMANDEMENT - NUIT
La cabine de pilotage est bourrée d'écrans de contrôle et de gadgets informatiques qui clignotent et font des bips. Des cadrans indiquent les niveaux de carburant et d'oxygène. Au milieu, un siège baquet fait face à un guidon.
Et c'est tout. Il n'en faudra pas plus pour tenir tout le film. J'avais pourtant bien envie de décrire le guidon en carbone renforcé plus en détails, parce que c'est un nouveau modèle vraiment prometteur, et c'est un peu de l'anticipation sur les technologies du futur, ça renforce le réalisme. Et bien tant pis. Le réalisme devra être dans le comportement des personnages, dans leurs paroles, pas dans les descriptions.
L'autre erreur, c'est d'utiliser les mots "un genre de" (ou "une sorte de") pour décrire quelque chose d'inhabituel. "C'est un genre de vélo un peu bizarre". "C'est une sorte d'ordinateur mais avec une antenne géante"... Vous voyez le principe. C'est de l'écriture fainéante. Ca ne décrit rien. Soyez plus précis. Il ne faut pas tourner autour du pot.
La dernière erreur, c'est de vouloir transmettre sur papier une "ambiance" que seul un style de réalisation peut restituer. Je pense à un film comme "Lost in translation". Il ne vaut que par son style éthéré, un peu distant, très bizarre. "Une sorte de" solitude. "Un genre de" mélancolie. Passer son temps à vouloir décrire ce type d'ambiance avec des mots, c'est une entreprise vouée à l'échec, à moins d'écrire de la poésie. Il ne faut pas prendre la place du réalisateur. Les scénaristes racontent l'histoire, point barre. Ca me rappelle une séance d'écriture en groupe, où les autres voulaient absolument faire passer le fait qu'un orage était "surréaliste, mystérieux". Ca ne m'évoquait rien. Ils m'ont alors décrit la façon de le filmer. C'était beaucoup plus clair dans ma tête, mais impossible à "caser" dans un scénario. La solution à été de dire: un orage étrangement violent. C'est un assez mauvais compromis. Il aurait été mieux de ne rien écrire du tout.
A moins d'être sûr de provoquer dans la tête du lecteur une image bien précise ("c'est Tien-An-Men mais avec des éléphants", tout le monde voit la scène), il est inutile de vouloir décrire des choses, des ambiances, que chacun ressentira différemment. Concentrez-vous plutôt sur l'intrigue, car le diable est dans les détails.
09 mars 2008
Des 52 minutes sur TF1

Mais il y a un hic: TF1 n'aime pas programmer des 52 minutes, parce que ça bouscule sa grille des programmes. C'est difficile à imaginer qu'une raison aussi simple mette en péril le renouveau de la fiction télévisuelle française, mais si nous nous mettons quelques instants dans les bottes du programmateur, tout va s'éclaircir.
La grille des programmes (leur agencement horaire) est la principale marque d'identification d'une chaîne de télé: une grille des programmes stable, c'est des taux d'audience stable, et donc des entrées financières stables. C'est ce que TF1 recherche.
Les 52' désorganisent la programmation de soirée. Et il est prouvé que la programmation de deux 52' minutes l'un après l'autre fait perdre à la chaîne de télévision une partie de son public (qui part pendant la pause publicitaire).
Ca, c'est le discours officiel. En réalité, TF1 diffuse de nombreux "blocs" de 52' minutes, mais à la nuance... que ce sont des séries américaines! Là, pas de problème de programmation: ça coûte rien et ça rapporte gros.
Mais arrêtons ici les gémissements. Nous partons plus faibles, il va falloir ruser.
Première étape du plan: "know your enemy". Enfin, "know your partner", mais parfois on aurait tendance à confondre les deux... La nouveauté, c'est que Takis Candilis ne s'occupe plus des séries télé sur TF1. Il a été remplacé par Laurent Storch, ce qui laisse le faible espoir d'un changement de politique (mon cul c'est du poulet, mais je suis optimiste). Ceci dit, un survol de la carrière du gusse nous laisse entrevoir un bon soldat de l'audience, peu soucieux de la vision des auteurs (les coupes claires dans un documentaire sur Hitler, c'est lui).
Deuxième étape: calibrer le produit. Storch n'aime pas les séries "feuilletonnantes" (il s'étonne du succès de Grey's Anatomy), il a remarqué que les succès du moment aux USA visent les jeunes (ça alors!), intègrent des éléments de SF/fantistique au quotidien (Heroes), ont des personnages attachants (la découverte!) et, grosso modo, sont artistiquement convaincantes. Pour notre série française de 52' parfaite, nous pouvons donc aller plus loin que je ne l'imaginais: la SF et l'action, c'est ok! Lancez-vous! Mais attention, pas de "space opera". Il faut être proche des préoccupation des gens, mais en "bigger than life". Sans oublier le budget français, c'est à dire où le seul effet spécial, c'est le scénario.
Reste à espérer que Storch, en bon connaisseur des séries US, se rende compte que la copie carbone version française ne "marchait" pas (RIS fait bien de l'audience, mais fait-elle des heureux?). J'veux dire, réfléchissons trente secondes: si les gens regardent RIS (parce qu'il n'y a rien d'autre) sans plaisir, comment les publicités qui y sont intercalées peuvent-elles atteindre des cerveaux disponibles? Au contraire, la série déteindra négativement sur la publicité, les cerveaux seront plein d'ondes négatives, et ça c'est mauvais pour Procter & Gamble. Malheureusement, le succès mondial des adaptations de "Yo Soy Betty la Fea" (Le Destin de Lisa, etc...) lui font probablement penser le contraire. Qu'une adaptation française d'un truc étranger ferait un carton? Comme on dit dans ces cas-là: "il va se lasser".
Troisième étape du plan: viser l'exportation. Une série française coûte cher et rapporte peu à son diffuseur. L'exportation peut donc renflouer les caisses. Pour une bonne exportation, pas trop de références culturelles, des épisodes en suffisance - et rapidement (on n'exporte pas 12 épisodes...), et des thèmes universels. Le sexe, l'amour. Les problèmes de cœur, aussi. J'ai déjà dit, les romances? La série française la plus exportée c'est "Sous le soleil". Vous voyez le tableau. L'avantage des 52' c'est qu'ils s'exportent facilement. Les 90' ne trouvent leur place qu'en France.
Quatrième étape: ajouter une pincée de créativité. Je ne perds pas de vue notre objectif initial: créer une série agréable malgré toutes les contraintes. On n'est pas là pour refaire Julie Lescaut. Soyons un peu fou.
Si on regarde les video des teasers de toutes les séries "made in TF1", sur www.tf1.fr, on remarque de grandes similarités entre elles. Le genre policier, presque systématiquement. Père et maire fait exception. Même Soeur Thérèse.com, c'est du policier. Le héros est toujours centré sur son métier. A croire que la carrière professionnelle est le centre de la vie. La scène est toujours la même: un crime, les flics (avec l'obligatoire brassard orange) se pointent, font des commentaires plats sur les circonstances et/ou les preuves, et ensuite il ne leur reste plus qu'à remonter la piste... Mouarf. On va simplement s'interdire de faire appel aux flics. Juste pour le plaisir.
Voilà. On a rassemblé tous les éléments. Reste plus qu'à constituer le puzzle.
Notre série de 52' "parfaite", elle n'existe pas. Ouh, la fin décevante. Soutenir le suspense si longtemps sans donner une solution toute faite, c'est criminel. Je sais. Mais avouez que j'ai donné quelques éléments de réponse. On sait déjà que la série ne mettra pas en scène un flic (ou assimilé: procureur, détective, avocat...), qu'elle aura un "twist" SF/fantastique soft (genre, l'homme cyborg, ou le gars qui voient dans le futur, qui lit dans les esprits), mais qu'elle s'intéressera aussi aux préoccupation des jeunes: sexe, amour, romance, on connaît la chanson.
03 mars 2008
Intermède compétitif
Avant de repartir à la recherche de la série de 52' parfaite pour une chaîne comme TF1, arrêtons-nous un instant sur le Conservatoire Européen d'Ecriture Audiovisuelle. C'est une école de scénaristes, située à Paris, où l'on entre sur concours. Et, justement, le sujet de l'année vient de tomber.
Il s'agit d'écrire un synopsis sur base de l'argument suivant: un couple est en vacances dans un club, quand soudain l'un des deux tombe sur la personne qu'il appréhende le plus de voir.
Remise des copies avant la fin du mois.
Je joue avec (attention, ça coûte 40 euros, quand même...) !
Si vous comptez pas vous inscrire mais que vous avez l'idée du siècle, soyez sympa, laissez un commentaire ;-)
Il s'agit d'écrire un synopsis sur base de l'argument suivant: un couple est en vacances dans un club, quand soudain l'un des deux tombe sur la personne qu'il appréhende le plus de voir.
Remise des copies avant la fin du mois.
Je joue avec (attention, ça coûte 40 euros, quand même...) !
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