30 janvier 2007

La culture audiovisuelle

J'ai eu l'occasion de parler avec un directeur des programmes d'une grande chaîne belge. Et une chose m'a frappé: son immense culture des séries télévisées! Il était plus au courant de la chose que la plus assidue des ménagères de moins de 50 ans! En réalité, la série télévisée est une des matières premières de la grille des programmes d'une télévision. Le métier du programmateur est de sélectionner et d'agencer ces séries pour qu'elles rapportent le plus de sous. Une connaissance pointue de la matière est donc exigée.

Et j'ai intérieurement fait le rapprochement avec l'écriture de scénarios: certes, cinéma et télévision sont deux médias fort différents... Mais, aujourd'hui, c'est à la télévision que les scénaristes sont rois et qu'ils gagnent leur vie (j'en ai fait l'expérience!). Alors, ne pas connaître la matière aussi bien que ce directeur des programmes relève de la faute professionnelle!

Depuis quelques semaines, donc, je me suis mis à regarder des séries télévisées (grâce à un concours de circonstances qui font que mon emploi du temps me le permet). Quel enrichissement!

Je dois avouer que j'avais quelque peu perdu le contact avec le monde de la fiction télévisée depuis le départ de David Duchovny (Mulder) de X-Files. Soit la fin de mon enfance, le début des responsabilités et d'un emploi du temps surchargé. Aujourd'hui, je retrouve les codes - inchangés - de la fiction télévisuelle, qui s'illuminent en moi à la lumière de mes connaissances en écriture acquises entre temps.

Le destin de Lisa, Prison Break, Desperate Housewifes, Tout le monde aime Raymond, la liste est longue... Je m'émerveille même devant des télénovellas brésiliennes! Je redécouvre aussi avec plaisir les vieux épisodes de Friends sur des petites chaînes du câble!

C'est donc un conseil que je donne à tout apprenti-scénariste: regardez plus de séries télévisées que votre grand-mère! Il faut être incollable sur les relations entre Raymond, Ruby, Linette, Michael Scotfield, Joey, Lisa Plenske et son patron!

Cette connaissance, cette culture a priori complètement inutile et réservée aux débiles profonds révèle en réalité des codes d'écriture très bien montés. Regarder les séries télévisées sous l'angle de l'écriture est tout bonnement fascinant! C'est un nouveau hobby que je recommande à tous!

Que retire-t-on de cette "culture audiovisuelle" de ménagère de moins de 50 ans? Pas tellement des idées originales, non, ce n'est pas l'originalité que l'on trouvera dans les séries télévisées. Mais plutôt une intuition d'écriture propre à la télévision. En se plongeant dans les séries télévisées avec le regard du scénariste, on s'oblige à résoudre en temps réel les défis relevés par le scénario: comment résoudre tel conflit, comment faire évoluer telle relation?

Cette façon de procéder permet d'être parfois bluffé par la qualité des réponses apportées par les scénaristes (Prison Break est très bien conçu), parfois d'être un peu déçu par l'immobilisme général des personnages (Le destin de Lisa commence légèrement à tourner en rond au milieu de la première saison). La faculté de jugement objectif de la qualité d'un scénario est très difficile à obtenir. Voilà pourquoi je pense qu'il est important s'immerger dans les séries télévisées.

Et puis, cerise sur le gâteau, cela permet d'engager de formidables discussions avec la jolie boulangère du coin!

1 commentaire:

Urbatrof a dit…

aha... enfin un qui reconnait de l'utilité à regarder la moindre série jugée "bas de gamme". Merci mon ami , on apprend de tout et de rien...

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