19 mars 2006

Vivre de pain et d'eau du robinet

C'est cool, l'art, mais ça nourrit pas son homme.

C'est sympa au début, quand on vit chez papa et maman, d'écrire des scénario "pour le plaisir", puis de bosser sur un film "en participation" (bénévolement, quoi). C'est juste pour se faire un nom...

Sauf que les débiles avec qui tu bosses sont aussi obscurs que toi, et ton nom ne quitte pas le niveau des pâquerettes. En gros, tu te rôdes avec d'autres amateurs, sans jamais décoller de ce milieu de gentils illuminés désargentés.

Puis viens le jour malheureux où tu termines tes études et cet après-midi pluvieux où ton paternel te fait comprendre qu'il serait temps de trouver un appartement et gagner son indépendance... Plutôt perdre l'intendance de maman qui faisait si bien la cuisine.

Bon voilà, j'ai trouvé cet appart' miteux que je paie avec mon salaire du job éternellement temporaire de coursier dans une petite entreprise. Génial, je n'ai même plus le temps d'écrire.

Or, on devient un très bon écrivain en écrivant régulièrement. Mais après une dure journée de boulot, c'est pénible de se mettre face à l'écran et d'atteindre les trois pages quotidiennes indispensables. Plutôt se vautrer dans le sofa en zappant entre la dernière émission de Lagaf et les caméras cachées canadiennes pas drôles, une canette de thé glacé à la main, la lasagne dans le micro-onde.

C'est ça la vie d'artiste!

C'est à se demander si tous ceux qui ont réussi dans le métier vivaient au crochet de leurs parents jusqu'à 30 ans!

Parfois c'est le cas, d'ailleurs.

Mais souvent, ils avaient un avantage certain: ne rien avoir à perdre! C'était l'écriture ou le néant. Forcément, ça motive.

Moi, c'est l'écriture, ou la vie paisible de petit cadre dans une entreprise stable et confortable.

Les difficultés et la facilité?

Le danger ou la routine?

Les plus finauds répondront: il suffit de cumuler! Cadre le jour, écrivain la nuit.

Ce à quoi je réponds: impossible! La fatigue et le stress, le cloisonnement dans ce milieu monochrome qu'est une grande entreprise, rendent tout travail intellectuel rigoureusement impossible.

C'est d'ailleurs une situation voulue par les chaînes de télé; du temps de cerveau disponible. Ca arrange tout le monde. Les cerveaux fonctionnent à plein régime le jour et regardent Lagaf le soir.

Mais un écrivain il a besoin de son cerveau quand il écrit.

Le solution de cumuler les mandats n'est pas conseillée.

La meilleure solution, c'est de vivre de sa plume dés la sortie du cocon familial. Seulement, ça m'arrive pas à moi, ce genre de choses.

Tiens, pour une fois je vais faire du journalisme dans ce blog littéraire. Autant demander aux pros comment ils s'en sortent! Je vais écrire à l'un ou l'autre écrivain et leur poser ces questions... Réponses au prochain épisode!

5 commentaires:

Catherine a dit…

Coucou Vanpet! Juste pour te dire que j'aime beaucoup ton blog et celui du contre journalisme aussi. Continue à écrire, quel talent!

Althend a dit…

On ne devient pas forcément très bon écrivain en écrivant régulièremen mais plutôt en pensant régulièrement,non?

vanpet a dit…

althend > tout dépend de ce que tu veux écrire, mon vieux. pour faire un Da Vinci Code il faut plus de technique que de reflexion. et forcément, en écrivant, on pense (à moins d'écrire volontairement des aneries). donc l'un entraîne l'autre à mon avis. penser sans écrire, ca vaut rien, ce n'est pas tangible.

Althend a dit…

Je t'avoue ne pas l'avoir lu ^__^

(Da vinci code n'est pas une superbe référence :p )

Nicolas Van Peteghem a dit…

catherine > merci pour ton gentil commentaire! ;) je l'apprécie encore mieux avec le recul!

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