24 juin 2008

Citation

"Being a real writer means being able to do the work on a bad day."
-- Norman Mailer

23 juin 2008

Les dialogues

Au fil de mes articles, j'ai abordé presque toutes les facettes de l'écriture d'un scénario, mais depuis trop longtemps maintenant j'évite le sujet qui me terrifie le plus... les dialogues. L'heure est venue d'affronter la réalité: un scénario s'évalue de prime abord par ses dialogues. C'est dire l'importance qu'ils ont.

J'ai du mal avec les dialogues. Mais je pense avoir découvert la cause de mes ennuis: je réfléchis trop. Un dialogue se doit d'être naturel, spontané. Un dialogue "écrit" se sent, et il détonne.

Cela étant dit, il ne faut quand même pas se lancer à l'improviste dans cette périlleuse aventure. J'ai remarqué que les dialogues ne sont bons que si les personnages sont bien caractérisés. Des personnages un peu mous, banals, passe-partout, sont difficiles à écrire: que pourraient-ils dire? Souvent, ces personnages "normaux" ("un adolescent normal, qui mène une vie normale, dans une ville normale") sont très proches du scénariste lui-même, qui manque de recul, et du coup, cerne mal son personnage. Et les dialogues s'en ressentent. Ils sont bancals, et sonnent souvent très faux.

C'est, je pense, le défaut principal de la grande majorité des productions françaises actuelles. Les personnages sont d'une banalité à faire peur. Prenons les adolescents de "St-Ex", l'école tout ce qu'il y a de plus normal. Ils sont ma foi très réalistes. Il y a bien quelques personnalités un peu cliché, mais dans l'ensemble, c'est proche de ce que l'on rencontre "pour de vrai". Le problème c'est que ces personnages "normaux" (pour favoriser l'identification, j'imagine) sont confrontés à des intrigues beaucoup moins banales. La collision de deux ambitions différentes (réalisme vs. intrigues tordues) donne un résultat évidemment pataud, où les dialogues sont les premiers à encaisser.

A l'inverse, les séries américaines ont nettement moins peur de créer des personnages outranciers, avec des dialogues qui glissent plus aisément dans leurs bouches. Dr House, par exemple, est un docteur peu réaliste. Sa misanthropie est tellement caricaturale que ses dialogues peuvent se permettre de dévier dans les joutes verbales que l'on ne trouve que chez lui. Et ça ne choque guère, puisque c'est à l'image du personnage.

Le principal ingrédient d'un bon dialogue est donc l'adéquation entre les paroles prononcées et l'identité du personnage. Est-il du genre à rentrer chez lui le soir en disant "bonjour tout le monde!" ou "qu'est-ce qu'on mange ce soir?". Il faut bien connaître son personnage pour déterminer ce genre de détails.

Alors bien sûr, on pourrait parler des niveau de langage. Mais ça c'est évident: un SDF alcoolique ne parle pas comme un doctorant en philosophie.

Il ne s'agit pas que de cela. Tout le monde ne dit pas les mêmes choses. Certains s'abstiennent de commentaires, d'autres sont bavards. Et donc les mauvais dialogues viennent parfois de "l'obligation" de faire parler un personnage parce que l'intrigue le demande. C'est un mauvais calcul. Un scénario doit rester organique, pas mécanique. Si le personnage n'a pas envie de parler, trouvez une autre solution!

Ecoutez ce que vos personnages ont à vous dire, ça vous mâchera le boulot!

19 juin 2008

De toute façon...

Il y a une expression que les scénaristes - et tous les artistes du monde - devraient rayer de leur vocabulaire, c'est "de toute façon". Avec "de toute façon", on transforme l'or en plomb. Avec "de toute façon", on laisse le système remporter la victoire. Avec "de toute façon", l'art se meurt.

Quand est-ce qu'on entend les scénaristes dire ça? Sous la pression, ou en période de fatigue. "Pourquoi je prendrais la peine de réécrire l'acte 2, de toute façon le producteur a déjà signé?". "Pourquoi faire des bons scénarios, puisque de toute façon les mauvais marchent aussi?".

De toute façon, c'est l'ennemi juré de la bonne télévision. Et ça vaut pour les détails aussi. Comme disait ce bon vieux Aristote, l'excellence n'est pas une attitude, mais une habitude. C'est pourquoi, il faut relever ses manches, mordre sur sa chique, et retravailler le texte jusqu'à obtention d'un truc valable.

Mais je me demande pourquoi j'écris tout ça. De toute façon, personne n'écoute ce genre de conseils...

16 juin 2008

Interview : Jean-Marc Rudnicki

Jean-Marc Rudnicki écrit des séries françaises depuis 10 ans. Julie Lescaut, Diane, femme flic, Une femme d'honneur, Les Cordier, juge et flic, Léa Parker, et encore bien d'autres font partie de son palmarès. Il est le créateur de série Cellule Indentité, diffusée sur M6. Il est également connu chez les scénaristes amateurs pour son livre "Ecrire un court-métrage" paru aux éditions Dixit. En résumé: le pro qu'on aimerait tous devenir! Il a eu la gentillesse de répondre à mes questions.

Comment êtes-vous devenu scénariste?
Jean-Marc Rudnicki: Mon premier pas dans ce métier date de 1998, suite à une rencontre avec la productrice Isabelle Fauvel. Elle m'a placé sur une série d'animation pour France 3. Puis de fil en aiguille, j'ai fait la connaissance de Judith Louis (actuellement conseillère de programme à France 2) - à cette époque directrice littéraire chez Telfrance, et qui s'occupait de la série "Les Cordier, juge et flic". Encore jeune et peu expérimenté, je n'ai pas pu mener ce texte jusqu'à son terme. Mais ce fut une très bonne "mise en bouche" ; j'ai pu aller sur le tournage, rencontrer les acteurs, et prendre conscience des contraintes de production d'un téléfilm. Par la suite, j'ai travaillé sur du sitcom, puis des séries d'access, avant de me focaliser sur le prime-time policier, en partie pour TF1.

Vos débuts ont-ils été faciles?
En ce qui me concerne, rien ne s'est enchaîné facilement. J'avais pourtant cru qu'en ayant fait un "Cordier", tout irait plus vite. Pendant deux ans, je me suis retrouvé sur des plans "galère", mal payés, et j'avais choisi un agent débutant, qui n'a pas su faire fructifier mon maigre capital de scénariste. Mais j'ai tenu bon. Quand on me jetait par la porte, je fracassais la fenêtre ou je passais par la cheminée ! Et puis, comme souvent, il y a quelqu'un qui vous repêche du caniveau, croit en vous, et vous redonne votre chance. Dans mon cas, cet ange gardien s'appelle Marie Guilmineau. Nous avons travaillé ensemble sur un projet de série pour France 2. Elle ne s'est pas faite, mais Marie m'a jeté dans les bras de l'agent Lise Arif (que tout le monde connaît bien). Et depuis, je ne chôme pas !

Qu'en est-il aujourd'hui? Et comment voyez-vous l'avenir?
Les 5 dernières années étaient beaucoup plus stables qu'aujourd'hui. M'étant spécialisé dans le "polar", j'avais du travail à foison. J'écrivais "à la commande" sur des séries appréciés du grand public et j'étais assuré d'avoir mon "carnet" plein au moins sur une année voire deux. Sans parler de la culbute des droits d'auteur à la diffusion. Aujourd'hui, avec le changement de comportement du spectateur, suite à l'apparition de nouveaux réseaux télévisuels (TNT, Internet...), l'audience a baissé partout, y compris sur des chaînes leader comme TF1. Quant au service public, il subit actuellement une mutation majeure, liée à la suppression de la publicité. On ne peut pas dire de quoi demain sera fait. Et je pense ne pas être le seul à m'interroger sur l'avenir de mon métier. Mais je reste optimiste. La télévision aura toujours besoin de "conteurs".
Quelque soit le format, ou le genre...

Que pensez-vous du format 52' qui s'impose de plus en plus?
J'ai le sentiment qu'en matière de série, le 52', est le bon format. Le 90' marche bien pour les "unitaires", mais dans un polar, vous vous retrouvez avec une intrigue secondaire (familiale, le plus souvent) qui alourdit le rythme, et vous complique la vie quand il faut faire des modifications. Et ça arrive souvent. Si vous écrivez votre 52' en 4 ou 5 actes, votre vision du texte est plus claire. Je dis souvent que modifier un 90', c'est comme modifier la trajectoire du Titanic ! C'est plus compliqué... Est-ce à dire pour autant qu'il ne faut plus faire que du 52' ? Absolument pas. Tout dépend du projet. Force est de constater que ce format n'a pas été le sauveteur annoncé de l'audience en berne. Je crois davantage au sujet qu'à son format.

Comment réagissez-vous devant les critiques parfois violentes que la presse adresse aux séries françaises?
Il y a une certaine méfiance de la presse, et un à priori des téléspectateurs jeunes notamment, vis à vis des nouvelles fictions françaises. Nous l'avons constaté avec "Cellule Identité" (série pour M6, créée avec mon coauteur Simon Jablonka) en surfant sur les forums ou les blogs. "Encore une série au rabais..." "C'est français, je regarde pas..." Etc. De quoi vous flinguer le moral quand vous avez travaillé sur un projet pendant deux ans ! Les américains ont une telle avance sur nous, que la barre est très haute. Quand une série est estampillée "USA", les jeunes ont le sentiment qu'ils auront une narration vive, moderne, en phase avec eux. Et ils n'ont pas tort ! Par contre, quand ils font l'effort de venir voir les séries françaises, ils sont souvent agréablement surpris.

Quelles sont vos références en matière de séries TV?
Un peu celles de tout le monde : "Grey's..." "Desperate..." "Californication"... "Weeds"... "Sopranos..." "The office"... Mais aussi des séries françaises : les premières saisons de "Avocats & Associés", "Engrenages Saison 2"...

Merci!

12 juin 2008

L'histoire précède le récit

C'est de la logique pure: il faut savoir ce que l'on veut raconter avant de le raconter! Et pourtant, les Apprentis Scénaristes ont vite tendance à écrire d'abord, réfléchir ensuite. L'idée que l'histoire va "se raconter toute seule" au fur et à mesure de l'écriture est fantaisiste, ou du moins, se borne aux petites histoires simples et linéaires. J'ose espérer que tout le monde ne se contente pas de ça.

Dés lors que le niveau de complexité de l'histoire dépasse un certain seuil, il est nécéssaire de préparer le terrain, dans une mesure plus ou moins grande. Au fur et à mesure de mon expérience, je peux affirmer que plus la préparation est importante, meilleur est le récit final (pour autant que l'idée de base ait du potentiel).

Avant d'aller plus loin, rappellons deux concepts à ne pas confondre:

1) l'histoire, qui correspond au fond, au sens de l'histoire. Ce sont les faits objectifs qui se déroulent dans l'ordre chronologique.

2) le récit, qui est la forme que l'on donne à l'histoire. C'est ce qui nous est raconté, dans l'ordre que l'auteur choisit, avec sa subjectivité.

Et donc, on en revient au titre de l'article: l'histoire précède le récit.

La préparation à laquelle je me réfère doit porter sur l'histoire, et non le récit, qui vient ensuite. Il faut prendre du recul par rapport à la manière de raconter l'histoire, pour essayer d'en explorer tous les méandres, toutes les potentialités, quitte à laisser tomber une grande partie du travail accompli.

Il faut garder en tête que l'écriture n'est pas un procédé économe: il y a beaucoup de gaspillage. C'est l'image de la montagne qui accouche d'une souris. Néanmoins, le travail accompli en amont se "sent", au final.

Je me souviens, la première fois que j'étais sur un plateau de tournage, je trouvais hallucinant qu'un type soit payé pour prendre des photos du décor pour pouvoir remettre exactement au même endroit *une peluche sur un lit*. Je m'écriais: mais quelle perte de temps! Aucun spectateur ne verra ça à l'écran!

Et la réponse, pleine de sagesse, fut: "Mais les spectateurs le *sentiront*".

Depuis, je pars du principe que chaque élément qui n'est pas correctement préparé finit toujours par se sentir, tôt ou tard. Pensez aux textes classiques de Corneille, dont la qualité n'est plus à discuter aujourd'hui. Eh bien, plusieurs siècles plus tard, des spécialistes continuent de débattre pour savoir si les réactions du Cid sont psychologiquement valables...

Vous pourrez abuser vos contemporains, un jour, un mois, un an, peut-être, mais finalement, il y aura toujours quelqu'un pour détecter les facilités, les approximations et les arnaques.

Ecrivez comme si votre texte allait être passé au scalpel, dans 5 siècles, par une armée de spécialistes. Vous n'en serez, j'espère, que plus vigilants, et serez convaincus qu'une bonne préparation est indispensable!

08 juin 2008

Cher producteur...

Cher producteur,

La première fois que nous nous sommes vus, votre enthousiasme sur le projet ne faisait aucun doute: vous ne tarissiez pas d'éloges sur l'intelligence du script, sur la profondeur des personnages, sur la modernité du concept et sur le potentiel commercial de notre collaboration. Vous avez même dit que "ça vous faisait penser à du David Lynch", et même si je n'ai pas trop bien compris où était le rapport, j'ai fait "oui" de la tête. Une franche poignée de main plus tard, et je me trouvais dans le métro, rentrant chez moi avec le sentiment de tenir mon premier succès de scénariste.

C'était pourtant clair: rendez-vous dans trois semaines, pour vous laisser le temps d'établir un budget et un plan de travail. Ensuite, direction commission des subsides, démarchage auprès de collaborateurs dans toute l'Europe, et début de la production.

J'avais fait mon calcul, je devais devenir riche vers juin 2008. Juin 2008, on y est... et à ce que je sache, nous ne nous sommes plus jamais revus. Vous avez repoussé le rendez-vous à plusieurs reprises, pour des motifs aussi invraisemblables que pathétiques. Je n'ai jamais vu la couleur d'une esquisse de budget. Pas la moindre trace d'un plan de travail. Quant à un chèque avec à mon nom, ne rêvons pas!

J'ai rappelé. Vous parvenez, par je ne sais quel détour de votre psychisme malade, à rester incroyablement enthousiaste à propos de toute cette histoire. Vous niez l'évidence: ce projet ne vous intéresse pas plus que votre première chaussette. Avouez-le. Tout le monde l'a compris. J'ai déjà travaillé sur 3 projets différents entre temps. J'ai abandonné l'idée de gagner ne serait-ce qu'un centime avec ce scénario maudit.

Maudit scénario, maudit producteur! Vous m'avez fait perdre pas mal de temps avec votre carotte. Ce spectre de voir sa création percer jusqu'aux écrans de toute l'Europe, avec des versions doublées en anglais et en allemand: le pied! L'enthousiasme s'est transformé en amertume. Et en points d'expérience: je sais à quoi m'en tenir.

Je connais l'ignoble vérité: ce qu'un producteur dit, il ne faut jamais le croire. Ce qu'un producteur signe, ça, c'est la vérité. Mais pour vous faire signer quelque chose, il faut sacrifier 12 vierges une nuit de pleine lune. Et encore...

La réponse à cette affaire est bien simple: je vais finir par devenir producteur moi-même.

Oui, très cher producteur, lorsque je serai votre concurrent, je vous avalerai tout cru et, face à vos supplications, je resterai invariablement enthousiaste et souriant: ne vous inquiétez pas, bientôt tout va s'arranger! Tout va s'arranger!

Et lorsque je verrai scintiller dans vos yeux désespérés la moindre petite lueur d'espoir, j'en profiterai pour réduire à néant le fruit du travail de votre vie. "Arrêtez de nous harceler au téléphone", sera probablement la meilleure formule. Culpabiliser la victime, c'est d'un efficacité redoutable.

En espérant que cette lettre vous montre les effets de vos mensonges sur vos fournisseurs, veuillez agréer, très cher producteur, l'expression de mes sentiments les plus distingués.

C'est vrai quoi, après tout, on pourrait encore travailler ensemble dans le futur.

L'Auteur Inspiré

03 juin 2008

La patate chaude

Frederik, de Screenariste, me renvoie la patate chaude: il s'agit de vous dévoiler six aspects de moi-même que je ne serais pas susceptible de vous réveler dans les autres articles. Quart d'heure anthologique / inintéressant / égocentrique (vous biffez les mentions) en perspective!

1 - A part écrire, je fais de la musique. J'ai dans ma chambre un home-studio, avec ce qu'il faut de synthés, de guitares et autres instruments plus exotiques et inutiles. Ma musique est écoutable sur des sites Internet, mais je ne suis pas encore assez sûr de moi que pour vous donner les liens!

2 - J'ai passé deux ans de ma vie chez les scouts, avant de laisser tomber définitivement le côté "garçon sociable" de ma personnalité. J'avais là-bas une petite copine, que j'aimais vraiment beaucoup. Mais, jeunesse oblige, je n'ai jamais su son nom de famille. Je l'ai complètement perdue de vue et je désespère de retrouver sa trace un jour. Alisson, si tu me lis...

3 - Je supporte mal l'alcool. Un jour(une nuit, en fait) j'ai vomi sur la fille que je convoitais. No comment. J'le f'rai plus, promis.

4 - J'ai failli tuer quelqu'un avec une boule de pétanque. Je devais avoir quelque chose comme 7 ou 8 ans. Bien trop faible que pour lancer les boules aussi loin que les adultes, j'ai utilisé la technique olympique du "lancer du marteau", mais sans filet. J'ai quelque peu manqué la cible. Sur la plage, beaucoup plus loin, somnolait sur son transat' un pauvre touriste allemand, la septantaine, la peau flasque et brûlée par le soleil. La boule a atterri pas 1 centimètre à côté de son crâne. Un peu plus à gauche, et j'avais un mort sur la conscience.

5 - Pendant mon stage à la télévision belge, je me suis engueulé tout rouge avec un célèbre journaliste qui restera ici anonyme. En effet, je le critiquais vertement sur un forum. Lui n'a rien trouvé de mieux que de "googler" son propre nom, égocentrique qu'il est! Evidemment, le forum en question se retrouve parmi les premiers résultats. Il ne lui a pas fallu 5 minutes pour faire le rapprochement avec moi, et de me dire les quatre vérités, devant toute la rédaction. Je suis persuadé qu'il avait tort. J'ai passé une très mauvaise fin de stage. Morale: il travaille toujours là-bas, moi je postule à la concurrence.

6 - Mon petit frère, trois ans plus jeune que moi, m'a un jour piqué une petite amie. C'est un traumatisme profond pour moi (et je suis sérieux)! Depuis, j'ai une aversion terrible pour les tromperies dans les couples. Je ne suis pas "jaloux", mais je ne pardonne rien. Mon frère va très bien, merci pour lui.

Je passe le relais à Michael de Screenplay Europe et à Marc de BlogNot!.